Texte "Patrimoines en Région"



 
Des arbres, des mots et un trait...


« Elle tente de devenir un peu elle-même sans jamais s’inquiéter d’être “moderne”. » Patrick Laupin, écrivain et ami de l’artiste confie ces mots sur Alix de Massy. Ils ont en projet de réaliser un ouvrage à deux… mains : celle de l’écrivain et celle du peintre. Une expérience que l’artiste-peintre a déjà menée, en particulier avec le poète Bernard Noël ou avec Joël-Claude Meffre...
« Ce qui peut rassembler l’écriture et le dessin, selon elle, serait la matière de “l’air” et l’idée du temps. Tous deux remuent du temps, travaillent l’espace et tissent l’air. »

 

Alix de Massy habite un îlot de silence et ce jour-là, à La Coste, entre Saint-Germain-de-Calberte et Florac, c’est une mer de nuages qui recouvre la vallée et enveloppe sa jolie maison montagnarde. Idéal pour un échange autour du grand poêle qui réchauffe l’atelier.
Atelier, lieu de solitude, de combat peut-être et de joie sûrement...
Alix de Massy : « Une respiration, le travail de la main, du geste, crée de la pensée et inversement. Comment et d’où surgissent les choses ? Le dessin arrive comme dépôt de ce qui survient entre la pensée et la main. »

 

Combat
Sur les murs sont suspendues les œuvres récentes, une série de « troncs ».
Comment ont-elles vu le jour ? : « Peindre, dit-elle, c’est un va-et-vient entre intérieur et extérieur, soi et le monde, le monde et soi. Monde matériel visible et espace partiellement visible. »
Combat, toujours… Avec les écrivains, ses amis, elle partage l’amour de la cévenne, elle la Parisienne, diplômée de l’École supérieure des Beaux-arts.
Ici, elle est attirée par les arbres, leur vie et leur mort : « Le choix de l’arbre est lié à sa capacité à se transformer et à se prêter aux métamorphoses les plus étranges, créant ainsi un espace poétique. L’arbre, c’est le passage du temps. À un moment, le regard s’accroche à la force intérieure qui surgit des formes. »

 

Toutes ces découvertes, pas aisées à partager,  Alix de Massy s’efforce tout de même de les transmettre. Elle aime en ce sens retrouver régulièrement collégiens ou lycéens pour un apprentissage de la peinture. « Alix manifeste ce souci de la transmission », a repéré son ami Patrick Laupin. C’est conforme à sa personnalité « de faire surgir des formes de l’informe ». Et de le partager. Et il poursuit : « Alix ne se piège pas entre le concret et l’abstrait. Elle ose toujours quelque chose d’insolite… »

René Lechon - « L'œil de l'artiste »
Patrimoines en Région N°13 – printemps-été 2011
Revue d'éducation aux patrimoines en Languedoc-Roussillon


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